ORIGINE DU NOM DE LA VILLE

Cette paroisse de l’ancien évêché de SAINT MALO se nommait LEONENSIS au IXème siècle, puis LEHONENSIS au Xème. Ce nom d’origine latine  proviendrait de « LEGIO, LEGIONIS ». Sur la voie CONDATE-CORSEUL (n’existant plus aujourd’hui), se trouvait un poste de défense avancé qui gardait le gué sur la RANCE (emplacement du château).

UN PEU D’HISTOIRE

Les manuscrits les plus anciens situent la fondation de l’abbaye de Léhon au IXème siècle lorsque s’établirent en cet endroit de la vallée de la Rance six moines qui s’étaient donné pour mission d’évangéliser cette sauvage contrée d’Armorique. Le roi Nominoë les aida dans leur mission en leur octroyant des terres et des fonds importants. La légende dorée raconte que pour mettre leur monastère sous la protection divine, ces moines intrépides allèrent jusqu’à l’île anglo-normande de Serk voler les reliques de saint Magloire qui fut de son vivant évêque de Dol.

Au Xème siècle la communauté religieuse devra fuir devant l’arrivée des Normands en emportant les reliques et les livres sacrés vers le royaume franc, tandis que les pirates ravageaient le monastère.

Au XIIème siècle, des moines bénédictins venus de Paris, relevèrent les ruines de Léhon. Grâce aux dotations des ducs de Bretagne et des seigneurs de Dinan, l’abbaye connut un important rayonnement spirituel dans la région. De cette reconstruction date le beau porche roman de l’église abbatiale.

Avec la Commende instituée en 1540, le monastère va entamer une période de déclin. Les prieurs commendataires en charge de gérer les biens temporels s’attribuent la plus grande partie des revenus et ne distribuent aux religieux qu’une portion congrue. La règle bénédictine se relâche et la ruine s’installe dans les lieux, faute d’entretien.

Au XVIIème siècle, un regain spirituel s’amorcera avec l’arrivée des religieux de la congrégation de Saint Maur dirigée par le révérend père Noël Mars. De grands travaux d’agrandissement verront le jour pour loger la nouvelle communauté qui instaure la réforme de l’antique règle bénédictine. Le cloître actuel et les bâtiments conventuels datent de cette reconstruction, seul l’ancien réfectoire sera conservé. Le monastère est alors rattaché à l’abbaye de Marmoutier qui va détenir la mense conventuelle et la mense temporelle, ce qui sera à l’origine d’un second déclin.

En 1767, le monastère sera fermé sur l’ordre du roi Louis XV et de l’épiscopat et les moines quitteront définitivement le couvent de Léhon.

A la Révolution, l’abbaye, les vergers et les deux moulins seront vendus aux enchères comme bien d’Etat. C’est le sieur Joseph Bullourde du Boishalbran qui en devient l’acquéreur.

Au XIXème, les bâtiments claustraux abritent une manufacture de toiles à voile et une tannerie, tandis que l’église abbatiale qui a perdu sa voûte menace ruine.