L’évolution du Château (synthèse)

evol1XIe SIÈCLE : UN CHÂTEAU DE BOIS.
Peu après l’an Mil, un vicomte de Dol prend possession de la partie méridionale de l’ancien évêché d’Aleth (plus tard transféré à Saint-Malo). Il établit le centre de sa seigneurie à Léhon. Le château subit une première destruction en 1034 par le Duc de Bretagne, une seconde en 1065 par le Duc de Normandie. Il est alors abandonné en faveur d’un nouveau château à Dinan qui devient le centre de la seigneurie (le « Château Ganne ») avec un enchâtellement (ou incastellamento).

XIIe SIÈCLE : PIERRES EN REMPLOI DU CHATEAU ROMAN.
Du château roman, fondé au début du XIe siècle, donné en 1065, mais reconstruit à deux reprises en 1124 et 1170, il ne reste rien de visible, sinon des pierres en réemploi.

evol2XIIIe SIÈCLE : LE CHÂTEAU DUCAL SUR PLAN RÉGULIER.
Du château ducal bâti dans le dernier tiers du Xllle siècle, il reste l’essentiel du plan. C’est un tracé quadrangulaire dont la forme trapézoïdale est due à la volonté d’utiliser au maximum l’assiette rocheuse. Il était régulièrement flanqué, aux angles, de tours presque rondes (de plan outrepassé), au milieu des côtés, de tours en fer à cheval. Dans les plans du XIIIe siècle, le donjon commande la défense du côté le plus menacé par les machines de guerre. S’il reste un donjon au milieu de la place, comme le laissent entendre les descriptions sommaires des XVII, et XIXèmes siècles, il est un reliquat d’un château antérieur.

evol3XIVe SIÈCLE : UN NOUVEAU DONJON EN ÉPERON.
La guerre de succession au duché sur laquelle s’imprime la guerre de Cent-Ans n’épargne pas le château de Léhon. A l’angle Nord-Ouest, le socle rocheux et les courtines avaient été sapés et renversés. L’enceinte à dû être relevée en retrait par rapport au tracé précédent. De la tour de l’angle Nord-Ouest on a fait un fer à cheval. Les murs du front d’attaque, à l’ouest, ont été renforcés pour former un bouclier. La pointe de l’éperon a été garnie d’un nouveau donjon, puissante tour à fort talus habillant le rocher. Sur le front oriental (côté de l’accès), la tour intermédiaire a été dérasée et intégrée dans une barbacane. Certains auteurs ont supposé deux tours encadrant l’entrée, mais les vues anciennes montrent toutes le côté Est sans tour médiane. Aucune de ces modifications n’a prévu la défense avec l’arme à feu. Les postes de tir sont des archères.

evol4XV SIÈCLE. LA TRANSFORMATION POUR ARMES À FEU.
Les courtines ont probablement été haussées au niveau des tours. Leur base en tout cas a été puissamment renforcée à l’extérieur par un talus de maçonnerie et à l’intérieur par un remparement, un talus de terre. D’anciennes meurtrières ont été élargies pour les armes à feu, de nouvelles, sans doute, ont été pratiquées pour le canon. Des fausses-braies forment une plate-forme à canon extérieure sur le front d’attaque à l’ouest.

XX SIÈCLE : 1998-1999
Les ruines du château de Léhon sont actuellement en cours de réhabilitation. Le Maire et la commission des travaux ont confié la restauration et l’aménagement du site aux travailleurs du centre de KerMaria sous la direction du chef de chantier Floréal. Le travail accompli est spectaculaire : débroussaillage des pentes, aménagement d’un petit chemin ceinturant la motte féodale, récupération de plusieurs tonnes de pierres enfouies à l’intérieur des tours, maçonnerie et reprise des bases des tours, réfection des courtines… et le programme n’est pas achevé.

Noël 1999 : électrification de la colline
Le Château de Léhon est d’un intérêt exceptionnel pour l’histoire de la fortification et de l’habitat seigneurial en Bretagne.

Plan de visite du Château de Lehon

planENCEINTE OCCIDENTALE (dominant la route).
C’est le côté de l’attaque, celui où l’on pouvait installer efficacement des machines de guerre.

1 Tour Sud-Ouest, XIlle siècle, elle domine l’ancienne route médiévale (chemin creux en contrebas). A son pied démarre le chemin d’accès à la butte.
2. Au Sud-Ouest et en contrebas de l’enceinte méridionale, murs de soutènement du chemin médiéval.
3. Enceinte reconstruite et épaissie au XlVe siècle pour lui donner un tracé en éperon.
4. Tour du milieu, à la pointe de l’éperon. Elle a un fort talutage habillant le rocher. Donjon au XlVe siècle.
5. Tour Nord-Ouest, Xllle siècle, transformée en fer-à-cheval et partiellement reconstruite au XlVe siècle.
6. Fausses-Braies de la fin du XlVe ou du XVe siècle.
ENCEINTE SEPTENTRIONALE (Vers Dinan)
7. Reconstruction en retrait de l’enceinte après que ses fondations ont été sapées, XIV e siècle.
8. tour du milieu, XIIIe siècle, remaniée au XIVe siècle.
9. A sa jonction orientale avec l’enceinte, réemploi de belles pierres de taille du château du XIIe siècle.
10. Fort talutage surajouté au XVe siècle.
ENCEINTE ORIENTALE (côté de l’accès)
11. trace d’une tour du XIIIe siècle. Elle est dérasée et transformée pour être incluse dans la barbacane au XIVe siècle.
12. Barbacane.
13. Rampe en chicane obligeant l’ennemi à se présenter sous l’enceinte à flanc découvert (bouclier à gauche, enceinte à droite).
ENCEINTE MERIDIONALE
14. Tour Sud-Est très saillante, XIIIe siècle : elle dominait l’ancien chemin d’accès à l’abbaye.
15. Tour au milieu de l’enceinte.
INTERIEUR
16. Remparement de l’enceinte de 6 m d’épaisseur, plate forme à canons, XVe siècle.
17. Le remparement n’est pas interrompu pour former un chemin de ronde continu. On y épargne des couloirs voûtés donnant accès aux tours.
18. Deux descriptions de 1643 et 1681 signalent les restes d’un donjon au milieu de la cour. Son emplacement est occupé par une chapelle en 1874 (elle a été détruite depuis, mais la statue du saint est conservée dans la tour au milieu du front Nord).